Les scientifiques nazis et la maladie de Lyme

La mystérieuse maladie de Lyme fait l’objet d’une excellente mise au point dans Le Monde daté d’aujourd’hui. Il y est fait état des plaintes des patients qui ont été déposées près le Procureur de la République.

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Le nouveau livre que j’ai publié ce jour chez Lemieux Editeur y est référencé et développe longuement la question de la judiciarisation de cette affaire qui est donc confiée au pôle « santé » du >Parquet de Paris. Le livre nous plonge également dans l’histoire de la Deuxième Guerre Mondiale, et plus précisément dans les laboratoires de recherche nazis…

Crise de la culture ?

Peter Sloterdijk dans son livre paru en septembre 2016 (Après nous le déluge… 1)  assure que « notre société est incapable d’assurer et d’assumer la transmission du savoir et de l’expérience depuis qu’elle a fait de la rupture le moteur de la modernité. Rompre avec le père, refuser tout héritage… nous englue dans le présent, mène aux pires catastrophes. » Il s’agit là d’une suite un plus diluée de « Règles pour le parc humain »  où il pleurait la fin de l’humanisme littéraire. Et maintenant il peste contre le « culte de l’ici-et-maintenant. Voilà selon lui le diktat du « jouir à tout prix » de l’instant, faisant fi du passé révolu et de l’avenir infigurable. C’est qu’il n’a déjà plus cette double définition  aristotélicienne de l’homme, qui accomplit sa « vocation » (ad vocare – et non « mission ») dans la faculté de parler et dans la participation à la vie de la polis : cette distinction entre les Grecs soumis aux lois de la Cité et les barbares régis par la violence. Les Grecs  conduisaient leurs affaires au moyen de la parole (vocare) et obtenaient ce qu’ils demandaient par la persuasion. En proposant une relecture de l’Histoire qui oublie ce point -à savoir la structure de pensée grecque du monde occidental-, Peter Sloterdijk nous renvoie dans ce dernier livre à un monde juif et chrétien. Parce qu’il est un monde profondément moral et spirituel au sens biblique (celui de la Révélation qui a structuré la pensée du monde occidental)…

 

 

1)Page 69 : « Sur les champs de la politique et de la culture moderne, on laisse s’échapper dans le monde toujours plus d’illusions, de concepts délirants et d’offres répondant à la propension que le public a pour le délire, que l’on ne pourra jamais en réintégrer dans des projets réalistes… »

 

 

Jacques Labro, l’architecte prodigieux

Nous voici à Avoriaz…

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Lorsque j’avais voulu rencontrer Jacques Labro, l’architecte des premiers temps,  je m’étais imaginé un homme exubérant à l’instar de son architecture. Et j’ai vu l’inverse lorsque je l’ai rencontré : un artiste intimidé … Complexe comme les lignes de ses constructions. Jeune homme, il avait fait partie de cette aventure extraordinaire qui avait consisté à créer de toute piece une station de ski  tres haut dans un lieu improbable qui s’appelait « Avoriaz  » (traduction en patois de Hte Savoie : à vau ria’ : ça vaut rien).

 

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En haut de Morzine, sur les plateaux des pâturages, Jacques Labro – frère de Philippe Labro ‘ le journaliste- allait  créer un univers bien à lui sans lignes droites, cassant les codes puisque c’était presque mai 68… En cette année 1967, dont l’hôtel où nous sommes porte la trace historique :

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photo de l’entrée de notre lieu de résidence, le mythique Hôtel des Dromonts…

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La première œuvre de Jacques Labro est l’hôtel en forme de pomme de pin recouvert des  morceaux de bois de mélèze avec lesquels on faisait les toits dans la vallée.

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La salle du petit déjeuner de l’Hotel des Dromonts

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Par le télésiège des Mossettes, on rejoint Champéry en Suisse où il faut déjeuner sur les pistes au Chaudron… Il y a aussi chez Coqoz, le Toupin ou Les Marmottes !

 

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Avoriaz a été conçue pour être sans voiture, comme chacun sait, on y prend des taxis qui sont des calèches tirées par des chevaux de trait :

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Très différents …

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Au loin, la promenade du Festival ( en souvenir du Fantastique…)

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L’immeuble Les Mélèzes ci-dessus est l’un des premiers de la station. Labro l’a conçu à l’image des falaises qui l’entourent.Genius loci… A l’intérieur, les appartements sont chacun sur plusieurs niveaux et chevauchent les escaliers communs !

 

L’effacement de soi. Rothko.

Qu’est-ce que le beau ? La couleur débarrassée de l’objet ? Mark Rothko avait dans son monde exprimé les failles de l’homme moderne : du fait des avancées scientifiques et des nouvelles découvertes, les liens traditionnels se sont distendus et les mythes fondateurs se sont écroulés, pourtant si puissants avaient-ils été. Et l’individu avec ses droits, ses exigences et sa solitude (loneless si bien commenté par Arendt)  allait les remplacer, estimait-il dans les années 1940 et 1950.

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Rothko, détail.

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Rothko. Untitled/ Centre G. Pompidou

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Dans Paris ce dimanche, la devise Fluctuat nec mergitur sur fond bleu se voulait un hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 dans la capitale, un an après jour pour jour.

Post en cours…

Qui a sauvé Shelomo Selinger ?

 

Aujourd’hui, il y avait fête dans l’atelier de Shelomo Selinger. A la joie des convives se mêlait la gravité des sculptures de granit… Car comment ne pas voir resurgir le fantôme du nazisme à travers ces sculptures de l’artiste qui fut l’un des enfants de Theresienstadt (camp de Terezin) ?

 

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Rami Selinger joue pour son père, jour de fête des pères

Car Shelomo Selinger est un survivant de Terezin. Né en 1928 en Pologne dans une famille juive, il avait été déporté avec sa famille en 1942. Cette année-là, il perdit son père dans le camp allemand de Faubrück. Puis il fut interné dans 9 camps successifs, qui ont longtemps après envahi ses pensées… voir les encres de chine rarement montrées et que commentaient ses petits-enfants aux  visiteurs dimanche (dans la vidéo)…

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Cette oeuvre ci-dessus représente son père qui fut torturé (un tuyau d’eau dans la bouche) 

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… bien d’autres croquis illustrant les camps

Outre les 9 camps, il endura les marches de la mort et fut laissé pour mort sur une pile de cadavres…

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Shelomo Selinger, 19 juin 2016

Il fut sauvé par un médecin militaire juif de l’armée soviétique qui libéra le camp le 8 mai  1945.  Le médecin voyant le corps de Shelomo juché sur une pile de cadavres aurait décelé un souffle à peine perceptible. Cet officier juif transfère le jeune Selinger à l’hôpital militaire de campagne, et lui administrera des soins constants. Mais Shelomo n’aura aucun souvenir de ce retour à la vie, grâce à son sauveur. Il restera amnésique pendant sept ans, sans se rappeler des horreurs passées dans les camps. Chaque fois que je l’ai interrogé, il m’a répété qu’il n’avait aucun souvenir du visage de l’homme qui l’avait ramené à la vie. Toute sa vie, il a eu beau fouiller au plus profond de sa mémoire, il lui a été impossible de se remémorer cette période de sa vie, ni de retrouver celui qui l’avait sauvé.

Appel à témoins : le 10 (?) mai 1945 à Theresienstadt…

Le médecin juif de l’armée soviétique a-t-il su d’ailleurs que Shelomo l’avait tant cherché, lui qui avait perdu sa mère puis son père, dans les camps ? Quelqu’un saura-t-il diffuser cette histoire … aujourd’hui, sur la Toile les nouvelles vont vite, et après tout, il n’y avait pas tant de médecins juifs de l’Armée Rouge à Theresienstadt le 8 mai 1945 quand l’armée est entrée dans le camp. Elle a pris en charge le camp le 9 mai et il a été probablement  sauvé le 9 ou le 10 …

Les silhouettes et les visages sculptés par Shelomo Selinger représentent cette multiplicité d’humains dont le sentiment premier d’étrangeté au monde exprime l’inattendu et la liberté à être autres, au fil de la vie. Certaines œuvres (voir photos )

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portent plusieurs visages entrelacés… les individus s’inscrivent dans un processus historique gravé en chaque être. Loin de toute conception d’une nature immuable de l’Homme.

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Avec Sophie dans l’atelier…

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Brundibar

Coïncidence étrange, deux jours plus tôt, l’opéra des enfants de Therensienstadt « Brundibar »  était chanté à l’école de musique, alors que j’étais conviée par SMS à l’atelier de Shelomo…

Relancer le processus de paix israélo-palestinien

 

La conférence internationale  que la France promet d’organiser à Paris l’automne prochain s’annonce difficile à mettre en oeuvre pour relancer le processus de paix israélo-palestinien. Il serait fastidieux d’énumérer tous les obstacles. La visite de Manuel Valls dimanche en Israël a mis en exergue le plus irréductible : la réticence de « BB » soutenu par une opinion israélienne en rang serré derrière son Premier ministre. Le discours de Nétanyahou devant Manuel Valls a été clair ce lundi 23 mai : « La paix ne résulte pas de conférences internationales dans le registre des Nations Unies… Elle ne se réalise pas à travers des diktats internationaux ou des regroupements de pays qui cherchent à décider de notre destin et de notre sécurité alors qu’ils n’ont aucun intérêt direct. »

Pourtant, Manuel Valls n’avait pas ménagé sa peine en  multipliant les messages de soutien en direction de l’Eta hébreu, se présentant comme « un ami », enjoignant les pays arabes n’ayant  pas reconnu Israël à le faire, déclarant que la France  » se préoccupe de la sécurité » d’Israël tout en déclarant à la presse palestinienne (Al Ayyam)  que « la colonisation doit cesser ». Complexes, les postures diplomatiques  ont été des plus classiques, trop classiques pour réussir à détourner l’attention des Israéliens de la politique intérieure : le retour de Lieberman au gouvernement comme ministre de la Défense a provoqué des remous, pas seulement chez les progressistes. Son prédécesseur Moïse Yaalon a estimé que « des éléments extrémistes et dangereux ont pris le contrôle du pays ». D’autres alertent dans la presse israélienne  sur le fait que le pays « est contaminé par les germes du fascisme ». Déclarations relayées par un ancien du Mossad…

Dans cette vie politique tourmentée, le Premier ministre israélien l’a martelé : il ne participera pas en l’état à une médiation internationale. Il a d’ailleurs informé Jean-Marc Ayrault de son rejet de l’initiative lors du voyage du ministre français des Affaires étrangères dans la région il y a 8 jours. De son côté, l’Autorité Palestinienne souhaite un dialogue indirect avec une présence internationale…

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Prochaine étape annoncée par la France : la première réunion à Paris le 3 juin de cette initiative française.

 

Faut-il être beau ? Le corps, son culte.

La télévision suisse RTS ce mercredi 2 décembre à 20 heures 15 diffusait l’émission SPECIMEN sur la beauté, le corps, son culte. L’émission présentée par Luigi Marra portait le titre de mon dernier livre coécrit avec la chirurgienne Sylvie Poignonec : Faut-il être beau pour réussir ?  Cette édition de SPECIMEN  révèle à quel point l’apparence physique peut être décisive dans un parcours de vie. Elle rapporte les standards d’évaluation du beau qui ont évolué dans un monde en trans.

 

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 émission SPECIMEN de la RTS, 2 décembre 2015 à 20h15

 

L’émission analyse la question du corps morcelé que nous évoquons également dans notre livre, magnifiquement mis en scène par Godard avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli dans Le Mépris.

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Extrait du film de Godard : Le Mépris

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Extrait de SPECIMEN : autrefois la beauté était imaginée à travers la littérature.

J’ai aimé dans l’émission de Luigi Marra cette métaphore de la jeune fille (celle que j’étais aussi)  lisant et rêvant : Stendhal, Madame de Staël, les soeurs Brontë… je rappelle cette phrase dans Jane Eyre que j’ai lu et relu à l’âge de 16 ans de Charlotte Brontë (cette littérature anglaise du 19ème siècle  qui porte la question du regard de l’autre) : « Comme il est vrai que la beauté réside dans le regard de qui la contemple… »

 

Voir l’émission :

http://www.rts.ch/emissions/specimen/7186401-je-suis-beau-et-ca-tombe-bien.html

Le corps morcelé :

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Emission SPECIMEN du 2 décembre 2015, de Luigi Marra

 

Signatures lors des conférences : ici à l’hôtel Raphaël :conférence

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