Le B’nai B’Rith fait salon à la Mairie du 16ème arrondissement de Paris

Ce dimanche 8 novembre 2011, la Mairie du 16ème arrondissement organisait un Salon du Livre sous la houlette du B’nai B’Rith, organisation dont je rappelle que Freud était membre en son temps…

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La superbe salle des fêtes au premier étage de notre mairie du 16ème arrondissement de Paris.

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B'nai

L’occasion de retrouver de nombreux amis dont Gérard Fellous, qui avait remarquablement orchestré l’événement avec le président de la loge Maxime Ouanounou. Claude Goasguen était là… Une place avait été réservée en l’honneur de feu Raphaël Draï, décédé en juillet dernier. Une attention en mémoire de lui, son fils Dan était là.

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Raphaël Draï était né à Constantine, ville traditionnellement très religieuse de l’Est de l’Algérie.

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Les ressorts psychanalytiques du fanatisme : de Lessing à Gérard Haddad / Fanaticism and psychoanalysis

C’est toujours agréable de se rendre à la librairie « La terrasse de Gutenberg », Paris 12ème. Au rez-de-chaussée, les livres et le coin lecture pour les enfants (pratique) avec un joli tapis sur le parquet ciré bordé de quelques petites chaises. L’ambiance est à l’Ashkénatie. Au sous-sol, accessible par un escalier de fer en colimaçon, une salle de conférence improvisée à chaque fois avec une table d’écolier en guise de pupitre et quelques bancs enchevêtrés. Au mur, de vieux livres. Des porte-manteaux. Des guirlandes.

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La terrasse de Gutenberg

Ce jeudi soir 17 septembre vers 20 heures, Gérard Haddad s’installe au pupitre de bois avec son accent de là-bas qui tout à coup fait s’engouffrer l’Orient dans l’antre ashkénaze. Il dit quelques mots d’arabe et nous voici avec « les autres », et non plus seulement entre nous -une trentaine- qui sommes venus l’écouter parler de Lacan et d’Althusser, de Lessing et de Céline.

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« Dans la main droite de Dieu »

Haddad vient parler de son dernier livre  publié chez Premier parallèle intitulé Dans la main droite de Dieu. Il y mène une psychanalyse du fanatisme, d’obédience lacanienne. Sa réflexion part de ce fragment célèbre de Lessing, Eine Duplik, 1778 : « Si Dieu tenait enfermée dans sa main droite la vérité toute entière et dans sa main gauche l’aspiration éternelle vers la vérité, même avec la condition de se tromper toujours, et s’il me disait : choisis ! Je saisirais humblement sa main gauche et je dirais : donne ! Car la pure vérité n’est faite que pour toi… »

Dans le judaïsme, la vérité est posée en valeur suprême, dans une éthique qui repose sur 3 forces : vérité, justice et paix. La quête de vérité ( « emet » en phonétique, soit aleph/mem/tav) porte en elle-même une seule certitude qui s’adresse au Père : la pure vérité n’est que de Toi seul.

Du fanatisme dans la modernité

D’emblée, Haddad raconte sa rencontre avec Yeshayahu Leibowitz, et l’influence que l’intellectuel juif orthodoxe né à Riga en 1903 a eue sur lui. Leur passion commune pour Maïmonide et leur goût partagé pour le doute -contre toute certitude- les a réunis, sionistes tous les deux mais non pas nationalistes. Haddad raconte les premiers mots de leur rencontre :

« Je savais que Leibowitz parlait parfaitement allemand. Il avait lu dans le texte Kant, Hegel… (Leibowitz avait fait ses études à Berlin). Mais je m’interrogeais sur sa connaissance des intellectuels Français. Je lui posai la question : cher Yeshayahu, qu’avez-vous lu en français ?

-Ben… j’ai tout lu. Quelle question…  »

Rires dans la librairie de la Terrasse de Gutenberg. Un peu de légèreté avant l’annonce des certitudes des autres selon Gérard. « J’ai sans cesse entendu depuis les années soixante que ‘la religion est la cause de tout’. Pour moi cette remarque émane du monde germanopratin.  » Référence à Sartre etc… Pour Haddad, le fanatisme ne vient pas du religieux. Son origine provient d’une faille profonde issue d’une blessure narcissique. Le narcissisme est le moteur du désir du fanatique « d’être entre soi » : le fanatique a cette passion de retrouver son semblable ou de convertir l’autre en semblable. L’idéologie communiste a fonctionné sur ce même modèle, et « moi qui suis un ancien militant du Parti Communiste, j’ai expérimenté… », rappelle-t-il en se posant en repenti de la Pensée Unique. Le fanatisme communiste n’avait qu’un objectif : convertir  le monde entier… Cette volonté de faire plier le monde à cette ressemblance n’a donc rien d’exclusivement religieux, la religion n’exerce pas de monopole en la matière. Puis Gérard invite Freud et son travail en 1910 sur la question du narcissisme, celle de l’image et celle de l’unité du corps dans le miroir. Cette quête de l’homme pour son image est insatisfaite. Le narcissisme blessé conduit les masses à être en phase avec un discours totalitaire dont le leader incarne la loi.

Fraternité oblige

Le cheminement de sa pensée est très personnel, loin des sentiers battus… Le voici reparti dans l’analyse qu’il avait développée dans Les Bibliocastes (les destructeurs de livres) sur le sentiment messianique, le fait d’aspirer à un monde parfait qui passe par le désir impérieux d’éliminer ceux qui ne partagent pas le même désir. Devant ce messianisme appelant à la création d’un gouvernement mondial, Haddad érige  la Tour de Babel, richesse de l’Humanité à travers cette diversité si complexe et si réelle. Il avance aussi une explication intéressante sur la fraternité

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Avons filé ensuite au Square Trousseau…

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Son livre éclaire sur les mécanismes profonds qui pourraient conduire (selon lui)  à l’extrême… Au fond, il me semble que le fanatique n’est pas un criminel classique : il ne craint pas la mort. Il reste prisonnier d’une image…  tel Narcisse ? … après tout peut-être Gerard Haddad a-t-il raison.

Israël-Palestine : Paris en quête de la paix

Qui peut encore croire à la paix israélo-palestinienne ? Le Ministre français des affaires étrangère a pourtant décidé de relancer un processus en panne depuis plusieurs mois. La tâche est ardue, d’autant que le gouvernement israélien issu des élections récentes est encore plus ancré à droite que précédemment. Hier, Laurent Fabius donnait une conférence de presse au King David pour dresser un état des lieux de la situation après son voyage éclair de 36 heures au Proche Orient : Le Caire, Amman, Ramallah avant Jérusalem et un refus  par Benyamin Netanyahou de se laisser imposer la reconnaissance par les instances internationales d’un Etat palestinien, sans l’acceptation préalable de l’Etat hébreu. Même revers, moins brutal, essuyé côté égyptien, jordanien et palestinien. La France escomptait l’adhésion de tous à la résolution du Conseil de Sécurité demandant aux deux parties de se retrouver à la table des négociations avec un délai maximum de 2 ans pour aboutir. Toutefois  l’initiative n’a pas trouvé l’appui escompté auprès de Barack Obama, lequel aurait pu souhaiter  quitter la Maison Blanche après un succès diplomatique, lui qui avait relancé le processus de paix en mai 2009. Mais Paris et Washington ont trop de divergences (outre la mention « caractère juif » de l’Etat d’Israël qui fait polémique concernant la résolution du Conseil, à laquelle les Palestiniens s’opposent qui  coincent chez les diplomates américains) sur l’échiquier politique au Proche et Moyen Orient.  Le Président américain a pour ligne principale de replacer l’Iran dans  le jeu diplomatique, après l’accord passé sur le nucléaire. De son côté, la France s’allie à l’Egypte, l’Arabie Saoudite, le Qatar… Il est difficile dans ce clivage de demander à la Maison Blanche un quelconque soutien pour faire pression sur Israël. Enfin, la situation à Gaza et à Ramallah évolue avec une forte avancée de forces extérieures (jihadistes) que l’Autorité palestinienne ne maîtrise pas… L’expertise israélienne est plutôt écoutée dans ce contexte. Sur le terrain, la situation est donc bien différente de la diplomatie affichée dans les instances habituelles : Conseil des droit de l’H de l’ONU, UNESCO… où s’affrontent l’Etat hébreu et l’Autorité palestinienne.

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Le Mur de séparation à Jérusalem

Pour le Ministre français des Affaires étrangères, il s’agit d’aider les parties à « trouver des solutions ». Les relations au beau fixe entre Paris et Riyad laissaient espérer des avancées suite à cette initiative française qui voulait s’affranchir du rituel affrontement israélo-palestinien évoluant sous l’aile de Washington. Paris souhaite élargir la table des négociations et y inviter la Ligue arabe, l’Europe et les membres permanents du Conseil de Sécurité. Cette option pouvait paraître acceptable dans la mesure où la position française sur le nucléaire iranien est appréciée côté Netanyahou. Mais ce dernier, fermé à toute discussion, s’est déclaré hostile à toute proposition internationale où « en matière de sécurité il n’est fait aucune référence au besoin d’Israël ».

Reconnaître un Etat palestinien ? (2)

Alors que cette semaine l’Assemblée nationale doit se prononcer sur la question, le vœu déposé par le groupe Europe Ecologie-Les Verts demandant la reconnaissance de l’Etat de Palestine vient d’être adopté ce vendredi 21 novembre par la majorité de gauche du Conseil régional d’Île-de-France. Ce texte demande à la France de reconnaître la Palestine comme un Etat indépendant sur la base des frontières de 1967 -avec Jérusalem comme capitale des deux Etats. Pour le président du groupe des écologistes Mounir Satouri, « la reconnaissance de la Palestine crantera une étape importante sur le chemin d’une paix juste et durable en Palestine. Ce n’est qu’une étape qui devra engager ensuite la France plus fermement en vue de garantir la sécurité des deux Etats, dans des frontières sûres et reconnues ». Un vœu qui n’engage en rien l’Etat français mais qui manifeste la volonté (des écologistes et d’une partie de la gauche française) d’une reconnaissance politique en faveur de la paix. Les événements survenus en juillet (affrontements le 13 juillet 2014 rue de la Roquette devant la synagogue Don Isaac Abranavel suite à la manifestation de soutien aux Palestiniens dénonçant « l’agression israélienne contre Gaza », manifestations et violences le 20 juillet à Sarcelles qui ont fait dire au maire de Sarcelles Mr Puponi qu’une « horde de sauvages a basculé dans l’antisémitisme primaire »)  comptent dans cette décision. Ce vœu propose un acte politique dans une situation devenue inextricable sur le terrain. Tout d’abord, la France par ses autorités politiques veut affirmer que le conflit israélo-palestinien ne s’importera pas sur son territoire, refusant de voir là un conflit religieux s’inviter en terre laïque et républicaine. Pour certains parlementaires socialistes, dont l’ex-ministre Benoît Hamon, la solution est donc politique et passe par la reconnaissance d’un Etat palestinien par la France. Mais, et c’est le deuxième point, la vie en Israël et dans les territoires est devenue un enfer. Voitures-béliers qui s’attaquent aux piétons, tuerie dans une synagogue, affrontements permanents…  la violence est extrême et ne provient d’aucune cellule terroriste organisée mais d’actes individuels aiguisés par les réseaux sociaux extrémistes, alors que progressent les fondamentalismes religieux. Enfin, la situation est devenue inextricable du fait de la colonisation qui se poursuit ; elle a profondément modifié la Cisjordanie, rendant impossible l’unité d’un territoire qualifié de « peau de panthère » par les Palestiniens.

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Ma’ale Adumim, colonie à 7 km à l’est de Jérusalem, photos MPS

La construction du Mur de séparation a amplifié le phénomène… DCIM100MEDIA   Jérusalem, mur de séparation, ancienne route de Jéricho 

Un héritage qui laisse augurer l’affrontement des fauves dans un pays situé désormais à mille ans du sionisme laïc et démocratique originel ( dans lequel l’Etat hébreu est né). Dans ces conditions, l’avenir de deux Etats peut sembler compromis avant même une reconnaissance unanime des Etats occidentaux…

Photos MPS

Reconnaître l’Etat palestinien ?

L’Assemblée nationale se prononcera le vendredi 28 novembre prochain sur une résolution invitant le gouvernement à reconnaître l’Etat palestinien. L’ancien ministre Benoît Hamon est l’initiateur de cette proposition portée par les députés socialistes, sous la houlette d’Elisabeth Guigou (présidente de la Commission des Affaires étrangères à l’AN), proposition qui n’engagera pas le président de la République. Pour rappel, c’est dans la ligne de la position historique du Parti socialiste, exprimée dans le discours de Mitterrand à la Knesset en 1982 et qui demandait la coexistence de Deux Etats dans les frontières de 1967, avec Jérusalem pour capitale commune. Pour information, je renvoie à mon livre, Au pied du Mur, Paris Jérusalem Ramallah (éd. François Bourin, Paris 2010) publié au lendemain de l’élection de Barak Obama et augurant les changements de la politique américaine au Moyen Orient.

 

La tension est extrême ce mois de novembre 2014, après un été d’affrontements. Les contrôles sont renforcés dans tout le pays.

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L’esplanade du Mur à gauche. Au fond la coupole dorée du Dôme du Rocher. 

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Jérusalem. Mur des Lamentations.

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Jérusalem, vue depuis le Mont des Oliviers

Négociations de paix au point mort

Pour les socialistes, il s’agit d’un « acte politique fort » au moment où les partisans de la paix israéliens et palestiniens ne parviennent pas à se faire entendre. Les communistes ont annoncé vouloir déposer un texte tout aussi fort symboliquement au Sénat (le 11 décembre), alors que de nouveaux actes de violence ont eu cours ces derniers jours en Israël, depuis les frappes sur Gaza au mois de juillet, et que l’on craint de nouveaux attentats dans les jours qui viennent. Le moindre événement d’importance peut entraîner l’embrasement de la région.

Un meuble Ikéa gratis 

Il s’agit d’une initiative des députés socialistes pour relancer un processus dont l’issue est politique, selon les représentants des démocraties occidentales. Avec des conditions, telle celle rappelée dimanche à la radio par Robert Badinter, l’ancien ministre de la justice socialiste disant que s’ « il y a reconnaissance, il faut qu’elle soit réciproque ». Outre-Manche, la Chambre des Communes britannique a proposé au gouvernement de reconnaître la Palestine en tant qu’Etat : le gouvernement devrait reconnaître « l’Etat de Palestine au côté de l’Etat d »Israël au titre de contribution à l’établissement d’une solution négociée à deux Etats ». Avec cette annonce (certes modérée et qui n’engage pas le gouvernement britannique), les Britanniques n’ont pas été recalés au rang d’as du bricolage comme les Suédois, lesquels ont hérité du titre après avoir reconnu l’Etat palestinien par décret le 30 octobre dernier. Pour rappel, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman avait aussitôt déclaré que le Moyen-Orient était « plus complexe que « l’assemblage d’un meuble ikea ». Son homologue suédoise, la ministre Margot Wallstrom, a ensuite réagi en déclarant qu’elle serait « heureuse d’envoyer à M. Lieberman un meuble Ikea à assembler ». « Il comprendra que cela nécessite un partenaire, de la coopération et un bon manuel « … Finalement, les grandes idées des démocraties occidentales en matière de paix sont toujours une affaire de mode d’emploi.

Soutine, le peintre qui défia les interprétations rabbiniques du Talmud

Il a peint sur les traces de Cézanne, dont les toiles sur la Montagne Sainte Victoire (Mont Venturi) n’ont rien à envier à celles des paysages de Céret. Car la peinture de Chaïm Soutine est sublime, à l’image de cet homme secret qui a grandi dans une misère inimaginable. Il est né en Lituanie en 1893 dans un petit village aux rues défoncées par le gel et la neige, les baraques y laissaient s’immiscer le vent glacial les jours de shabbat où il était interdit d’allumer le feu… Ici, le Talmud interdit toute représentation et le boucher du village le bat à coups de bâton lorsqu’à 17 ans il fait son portrait, dans ce schetel de Biélorussie d’où il part peu après pour faire les Beaux-Arts à Vilnius. Toute sa peinture lui ressemble, tourmentée, déséquilibrée et pleine de couleurs et de vie. C’est à Céret qu’il peindra les toiles qui lui ressemblent. Il faut se rendre au petit musée du bourg situé à deux pas de la Méditerranée et des Pyrénées et où il a vécu dans une extrême pauvreté quand il avait trente ans. soutine   Maisons penchées, platanes tourmentés, c’est sa chair qui figure dans ces toiles si singulières. Céret  Le bourg de Céret (Pyrénées orientales)musee Musée d’art moderne de Céret

toroTauromachie à Céret

déclarationdroitsLa géométrie de l’existence…

Il n’aime rien tant que déformer la géométrie de l’existence organisée par l’homme et que la vitalité vient bousculer. Soutine traverse les apparences et les façonne à son image.

Judenhass, la haine des Juifs en Allemagne rencontre une certaine opposition

On aimerait voir des personnalités françaises agir de la sorte… et peut-être l’attitude de certains Allemands pourrait-elle servir d’exemple pour qu’en France il en soit de même. Voici à ce propos une histoire exemplaire. Le journal Bild publie dans ses colonnes la photo de personnalités allemandes qui disent : « Nie Wieder Judenhass !« , tel le Président Joachim Gauck, des chefs d’entreprise tel le patron de Volkswagen Martin Winterkorn ou des people comme Franziska Knuppe.

Un article publié aujourd’hui, après les manifestations pro-palestiniennes en Allemagne qui ont déchaîné un antisémitisme particulièrement virulent sur une terre dont on espérait qu’elle ne serait plus jamais le lieu de ‘Jundenhass’. Angela Merkel avait condamné mercredi ces débordements, comme autant de « tentatives de porter atteinte à nos valeurs démocratiques ».

En France hier, certains ont sans doute fait semblant de ne pas remarquer les croix gammées taguées en noir  sur la statue de la République, au cours de la manifestation interdite de ce samedi 26 juillet 2014.

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Croix gammées à Paris, place de la République, samedi 26 juillet 2014

La distinction entre ‘sionistes’ et ‘juifs’ n’était plus dans les slogans… Une fois encore, tous les juifs d’Europe ne soutiennent pas la politique israélienne menée ces dernières années. En France, de nombreux intellectuels juifs déplorent la politique Israélienne tout en aimant Israël. Dans le livre que j’ai publié en 2010, « Au pied du mur, Paris, Jérusalem, Rammallah » (Ed. François Bourin), j’écris que le statu quo maintenu par le gouvernement israélien met Israël en danger. Un statu quo qui fait perdurer un équilibre au sein de l’Etat hébreu, car la crainte d’une guerre civile en cas de concessions qui seraient faites aux Palestiniens est justifiée. Le pays est une véritable poudrière. Mais cette situation  ne peut conduire qu’à la guerre, chacun fourbit ses armes, les uns dans les tunnels de Gaza, les autres avec Tsahal.

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Dans la librairie Le Divan à Paris, une pile de livres … Au pied du mur, Paris, Jérusalem, Ramallah

Dans mon livre, bien avant les événements actuels à Gaza, je soulignais que ce statu quo  peut conduire à une libanisation du conflit, dans l’exacerbation d’un quotidien qui ne cesse de devenir de plus en plus pesant. J’y décris les correspondances qui existent entre ce conflit et la Guerre d’Algérie… Alors que la communauté internationale s’est fondue dans la pensée unique d’un « conflit impossible à résoudre », elle s’est dans le même temps indignée à juste titre des tunnels de Gaza et des mines découvertes dans les chambres d’enfants gazaouis (ce que Tsahal communique ce dimanche 27 juillet 2014) et résignée à accepter que les accords d’Oslo soient systématiquement violés. Je rappelle dans « Au pied du mur » que ces accords font de Gaza et de la Cisjordanie une seule et même entité juridique. Or il est quasi impossible aux habitants de Gaza de se rendre en Cisjordanie, de même qu’il leur est impossible de rallier la bande de terre large de 500 m à 1 km à la limite de la frontière israélienne, où se trouvent leurs terre agricoles. Quant au Hamas qui tient Gaza et qui viole le cessez-le-feu en important les missiles iraniens dans les tunnels de Rafah, il est dans une logique de bras de fer avec Israël. Pour relancer le processus de paix, seules des négociations à égalité peuvent entamer cette logique attelée à un cercle vicieux et sans terme. Je rappelle dans mon livre qu’au moment de la guerre d’Algérie, ce refus de traiter l’adversaire sur un pied d’égalité a conduit au chaos.

Face à l’opération « Bordure de protection »

Les négociations qui ont eu lieu à Paris ce samedi 26 juillet avec le chef de la diplomatie française Laurent Fabius ont été engagées pour tenter de trouver un compromis durable de trêve à Gaza. Les ministres des principales diplomaties européennes qui étaient réunis ont émis la possibilité pour l’UE de faciliter la réouverture des points de passage menant à la bande de Gaza, une surveillance de ces points se faisant avec un déploiement d’observateurs européens (en accord avec Israël). Une présence européenne avait été maintenue 2 ans en 2005 au passage de Rafah… La nouvelle donne en Egypte, l’implication du Qatar et de la Turquie, pourraient jouer en faveur d’un nouveau tour de table diplomatique avec un retour prochain de John Kerry dans la région.

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Faciliter les points de passage… 

Retour en France… les manifestations pro-palestiniennes ces derniers jours ont donné lieu à des débordements qui n’auraient jamais dû avoir lieu, les tenants de l’antiracisme appelant à la destruction du « monstre sioniste » mais omettant de condamner l’amalgame entre sionistes et juifs.