A propos mariepierresamitier

Le blog de Marie-Pierre Samitier

La Corse de Pasquale de Paoli

Paoli avait été initié à la vie politique dès sa plus tendre enfance. Son père participait aux mouvements qui s’opposaient à l’emprise de Gênes, la Corse était le lieu d’une résistance qui avait commencé dans les années 1720.
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(Intérieur de la maison, Corse du Sud)

 

Me voici dans l’Ile de Beauté, comme chaque année éblouie par la force et la puissance de ces lieux.

 

Que ce soit au village au pied des monts …

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… Ou en montagne, dans la forêt de l’Hospedale, les bergeries familiales :

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Les mouvements rebelles prennent de l’ampleur et parmi les notables qui les dirigent se trouve Hyacinthe Paoli à partir de 1730. Lorsqu’ils seront vaincus par les Génois, il faudra que Hyacinthe Paoli s’exile en 1739 : il partira à Naples et emmènera dans son exil son plus jeune fils Pasquale. Ce dernier aura alors accès aux penseurs des Lumières, en particulier à la lecture de L’esprit des lois. Outre Montesquieu, Voltaire et Rousseau seront source d’inspiration pour lui. La suite, tout le monde la connaît : Paoli élabore un gouvernement démocratique et une constitution pour la Corse… Avant l’achat de l’Ile de Beauté par le royaume de France en 1768.

Les scientifiques nazis et la maladie de Lyme

La mystérieuse maladie de Lyme fait l’objet d’une excellente mise au point dans Le Monde daté d’aujourd’hui. Il y est fait état des plaintes des patients qui ont été déposées près le Procureur de la République.

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Le nouveau livre que j’ai publié ce jour chez Lemieux Editeur y est référencé et développe longuement la question de la judiciarisation de cette affaire qui est donc confiée au pôle « santé » du >Parquet de Paris. Le livre nous plonge également dans l’histoire de la Deuxième Guerre Mondiale, et plus précisément dans les laboratoires de recherche nazis…

Crise de la culture ?

Peter Sloterdijk dans son livre paru en septembre 2016 (Après nous le déluge… 1)  assure que « notre société est incapable d’assurer et d’assumer la transmission du savoir et de l’expérience depuis qu’elle a fait de la rupture le moteur de la modernité. Rompre avec le père, refuser tout héritage… nous englue dans le présent, mène aux pires catastrophes. » Il s’agit là d’une suite un plus diluée de « Règles pour le parc humain »  où il pleurait la fin de l’humanisme littéraire. Et maintenant il peste contre le « culte de l’ici-et-maintenant. Voilà selon lui le diktat du « jouir à tout prix » de l’instant, faisant fi du passé révolu et de l’avenir infigurable. C’est qu’il n’a déjà plus cette double définition  aristotélicienne de l’homme, qui accomplit sa « vocation » (ad vocare – et non « mission ») dans la faculté de parler et dans la participation à la vie de la polis : cette distinction entre les Grecs soumis aux lois de la Cité et les barbares régis par la violence. Les Grecs  conduisaient leurs affaires au moyen de la parole (vocare) et obtenaient ce qu’ils demandaient par la persuasion. En proposant une relecture de l’Histoire qui oublie ce point -à savoir la structure de pensée grecque du monde occidental-, Peter Sloterdijk nous renvoie dans ce dernier livre à un monde juif et chrétien. Parce qu’il est un monde profondément moral et spirituel au sens biblique (celui de la Révélation qui a structuré la pensée du monde occidental)…

 

 

1)Page 69 : « Sur les champs de la politique et de la culture moderne, on laisse s’échapper dans le monde toujours plus d’illusions, de concepts délirants et d’offres répondant à la propension que le public a pour le délire, que l’on ne pourra jamais en réintégrer dans des projets réalistes… »

 

 

Jacques Labro, l’architecte prodigieux

Nous voici à Avoriaz…

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Lorsque j’avais voulu rencontrer Jacques Labro, l’architecte des premiers temps,  je m’étais imaginé un homme exubérant à l’instar de son architecture. Et j’ai vu l’inverse lorsque je l’ai rencontré : un artiste intimidé … Complexe comme les lignes de ses constructions. Jeune homme, il avait fait partie de cette aventure extraordinaire qui avait consisté à créer de toute piece une station de ski  tres haut dans un lieu improbable qui s’appelait « Avoriaz  » (traduction en patois de Hte Savoie : à vau ria’ : ça vaut rien).

 

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En haut de Morzine, sur les plateaux des pâturages, Jacques Labro – frère de Philippe Labro ‘ le journaliste- allait  créer un univers bien à lui sans lignes droites, cassant les codes puisque c’était presque mai 68… En cette année 1967, dont l’hôtel où nous sommes porte la trace historique :

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photo de l’entrée de notre lieu de résidence, le mythique Hôtel des Dromonts…

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La première œuvre de Jacques Labro est l’hôtel en forme de pomme de pin recouvert des  morceaux de bois de mélèze avec lesquels on faisait les toits dans la vallée.

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La salle du petit déjeuner de l’Hotel des Dromonts

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Par le télésiège des Mossettes, on rejoint Champéry en Suisse où il faut déjeuner sur les pistes au Chaudron… Il y a aussi chez Coqoz, le Toupin ou Les Marmottes !

 

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Avoriaz a été conçue pour être sans voiture, comme chacun sait, on y prend des taxis qui sont des calèches tirées par des chevaux de trait :

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Très différents …

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Au loin, la promenade du Festival ( en souvenir du Fantastique…)

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L’immeuble Les Mélèzes ci-dessus est l’un des premiers de la station. Labro l’a conçu à l’image des falaises qui l’entourent.Genius loci… A l’intérieur, les appartements sont chacun sur plusieurs niveaux et chevauchent les escaliers communs !

 

L’effacement de soi. Rothko.

Qu’est-ce que le beau ? La couleur débarrassée de l’objet ? Mark Rothko avait dans son monde exprimé les failles de l’homme moderne : du fait des avancées scientifiques et des nouvelles découvertes, les liens traditionnels se sont distendus et les mythes fondateurs se sont écroulés, pourtant si puissants avaient-ils été. Et l’individu avec ses droits, ses exigences et sa solitude (loneless si bien commenté par Arendt)  allait les remplacer, estimait-il dans les années 1940 et 1950.

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Rothko, détail.

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Rothko. Untitled/ Centre G. Pompidou

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Dans Paris ce dimanche, la devise Fluctuat nec mergitur sur fond bleu se voulait un hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 dans la capitale, un an après jour pour jour.

Post en cours…

La Corse, de la nostalgie du passé au monde d’après

Qu’est-ce qu’Alexandre Dumas appelait « les valeurs chevaleresques qui ont cours dans l’île ? », in Les frères corses (1844). Dans la marche en avant du monde,  tout Corse vit dans l’ambiguïté constitutive pour lui de deux histoires : celle de sa terre portant une tradition et celle qu’Augustin nommait La Cité de Dieu.

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Pointe Saint Antoine, extrémité sud de la Corse

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Bonifacio, la mer…

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Plage de Carrataghju dans le Sud oriental de l’île, avec les chevaux directement accessible via le maquis…

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Ce monde de la tradition a façonné des Corses dont l’identité s’est construite en livrant de rudes batailles.

L’histoire intime de Napoléon Bonaparte illustre ce balancier entre la modernité/universalisme  et la tradition. Lui qui avait tant œuvré pour imposer un Code ( Code civil écrit par Portalis, Bigot de Préameneu…) hors des traditions catholiques, lui qui s’était battu contre la tradition qu’il avait connue dans sa Corse natale, a réclamé des Corses auprès de lui, à l’instant de mourir. Cipriani, Antommarchi… Il a préféré être avec eux – les Corses- au moment de son dernier souffle.

L’homme est au bord d’une faille, entre le passé révolu et l’avenir infini : le fil de la tradition est rompu, comment pourrons-nous penser le monde dans un futur où l’individualisme conquérant depuis les Lumières et Paoli disparaît ?

Plus au Nord à quelques km il faut résider à Cala Rossa, dans le Golfe de Porto Vecchio :

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Un mode de vie louis-philippard

« Un chapeau de paille d’Italie  » met en scène tout l’inconscient bourgeois du XIXème siècle à travers un objet  qui surgit en guise de symbole et qui incarne tout à coup matériellement ce qui est caché : l’adultère.

Il était une fois un chapeau de paille qui coiffait une dame en goguette avec son amant, beau militaire des colonies. Tout se passerait bien dans cette histoire banale sans la gourmandise effrontée d’un cheval qui raffolait semble-t-il de la paille d’Italie … Le chapeau avalé, preuve de l’adultère, il ne restait plus pour le propriétaire du cheval qu’à réparer la faute causée par l’appétit de sa monture… sauf que ce jour d’aventure était aussi celui des noces du malheureux cavalier.

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Ce chef d’oeuvre du Vaudeville raconte mieux que tout autre comme la bourgeoisie -depuis Louis-Philippe- s’est attachée à mille objets, tous plus vains les uns que les autres. De la chaussure au chapeau de paille, cette foule d’accessoires procède de la tradition dans le monde très codifié de cette bourgeoisie… qui s’attache à la pince à sucre ou au parapluie. Des objets qui sont autant de traces de la  vie bourgeoise louis-philipparde, à mille lieues des champs de bataille et des actes héroïques des campagnes napoléoniennes.

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Le lustre en forme de flocon de la Comédie Française

Absolument sublime, la mise en scène du Français pour ce vaudeville si drôle ! Les années soixante-dix sont convoquées avec les guitares rock (l’un des guitaristes est à tomber), et les accents tziganes du violoniste qui fait aussi office de batteur. C’est si bon qu’on est fatigué de rire à la fin.

MPS