Madame Butterfly ou l’Occident rêvé

imageimageIl faut se laisser porter par Puccini dans cette interprétation donnée au Théâtre des Champs Elysées à Paris cette saison. Il s’agit de la création qui avait enflammé les Chorégies d’Orange l’été 2016. La jeune fille japonaise de la cérémonie du thé est interprétée par Ermonela Jaho Madama Butterfly (Cio-Cio-San) avec délicatesse. Bryan Hymel Pinkerton joue à merveille le fat américain et l’on écoute Marie-Nicole Lemieux être l’ange gardien Suzuki avec ferveur.

Lors de sa première à la Scala en 1904, l’oeuvre avait été sifflée. On y avait vu une pâle copie de Tosca me semble-t-il… Mais aujourd’hui après un siècle d’histoire mondiale où l’Occident et l’Orient se sont affrontés et mêlés, l’histoire prend un tout autre relief. La légèreté de l’Américain venu en pays conquis dans l’immense pays du Soleil Levant aux traditions admirables s’exprime avec une ironie très juste. La trahison que vit la jeune fille de 15 ans incarne celle ressentie par tout un peuple ayant un sens de l’honneur unique au monde. Sa passion pour l’Occident la conduira au déshonneur, le plus grave qui puisse advenir au Japon.

 

Le génie de l’oeuvre est rendu ici avec finesse, sans céder à une dramaturgie excessive : la fin est toute en retenue. Lorsqu’elle attente à sa vie, tout est suggéré…

 

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