Strasbourg : les bocaux du nazi August Hirt

L’Institut d’Anatomie de Strasbourg détenait bien les restes des victimes juives du SS August Hirt. Lundi la communauté scientifique réagissait à l’annonce  de la municipalité de Strasbourg concernant des restes de victimes de l’anatomiste nazi August Hirt  découverts ce mois-ci.

Dans les bocaux, les restes humains des victimes juives des Nazis

Ils étaient conservés dans un bocal et des éprouvettes ; jusque là  les chercheurs en écartaient l’existence. La découverte, inattendue, a été faite le 9 juillet par l’historien Raphaël Toledano, auteur de plusieurs travaux sur la question, dont « Le nom des 86 », un
documentaire d’Emmanuel Heyd.
Avec le concours du directeur actuel de l’Institut de médecine légale de
Strasbourg, le Pr Jean-Sébastien Raul, le chercheur est parvenu à identifier
plusieurs pièces, parmi lesquelles « un bocal contenant des fragments de peau
d’une victime de chambre à gaz », selon l’AFP.
Le chercheur a également découvert « deux éprouvettes renfermant le contenu
de l’intestin et de l’estomac d’une victime et un galet matricule utilisé lors
de l’incinération des corps » au camp de concentration alsacien de
Natzweiler-Struthof.
Ces restes appartiennent à plusieurs des 86 victimes d’un projet de
« collection de squelettes juifs » voulu par August Hirt. Ce dernier, anatomiste, avait pour mission de « prouver l’existence des races », voir mon post :

http://samitier.net/2013/04/30/

La majeure partie des restes, en grande partie découpés, avait été
retrouvée par les alliés peu après la libération de Strasbourg en 1944, et fut
rapidement inhumée dans un cimetière juif.
Les pièces retrouvées à présent sont des éléments qui avaient été conservés
par un professeur de médecine légale de la Faculté de médecine de Strasbourg,
Camille Simonin, dans le cadre de l’enquête sur les crimes du docteur Hirt . M.
Simonin avait été chargé par les autorités militaires d’effectuer des autopsies
judiciaires pour « établir les conditions ayant conduit à la mise à mort
délibérée » des victimes.
Dans ses recherches, le chercheur Raphaël Toledano a été aiguillé par une
lettre de ce professeur datant de 1952.
Le courrier de ce professeur faisait notamment « mention de bocaux contenant
des prélèvements effectués au cours des autopsies judiciaires réalisées sur les
victimes juives de la chambre à gaz du Struthof ».
« Les étiquettes identifient chaque pièce avec précision et font notamment
état du matricule 107969, qui correspond au numéro qui fut tatoué au Camp
d’Auschwitz sur l’avant-bras de Menachem Taffel, une des 86 victimes (…)
comme cela est confirmé par les archives du Camp d’Auschwitz », selon des sources citées par l’Agence.
La municipalité entend remettre les pièces découvertes à la communauté
juive de Strasbourg.

Les médecins SS 

Je rappelle que dans son livre publié en janvier mon confrère journaliste Michel Cymès avait cité des témoignages selon lesquels des coupes anatomiques des 86 réalisées à l’époque nazie était toujours conservées à l’institut. Ces passages du livre (sur les médecins nazis) avaient suscité la polémique. Aujourd’hui, ces découvertes donnent raison aux témoignages qu’il a fait valoir.

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