Israël-Palestine : Paris en quête de la paix

Qui peut encore croire à la paix israélo-palestinienne ? Le Ministre français des affaires étrangère a pourtant décidé de relancer un processus en panne depuis plusieurs mois. La tâche est ardue, d’autant que le gouvernement israélien issu des élections récentes est encore plus ancré à droite que précédemment. Hier, Laurent Fabius donnait une conférence de presse au King David pour dresser un état des lieux de la situation après son voyage éclair de 36 heures au Proche Orient : Le Caire, Amman, Ramallah avant Jérusalem et un refus  par Benyamin Netanyahou de se laisser imposer la reconnaissance par les instances internationales d’un Etat palestinien, sans l’acceptation préalable de l’Etat hébreu. Même revers, moins brutal, essuyé côté égyptien, jordanien et palestinien. La France escomptait l’adhésion de tous à la résolution du Conseil de Sécurité demandant aux deux parties de se retrouver à la table des négociations avec un délai maximum de 2 ans pour aboutir. Toutefois  l’initiative n’a pas trouvé l’appui escompté auprès de Barack Obama, lequel aurait pu souhaiter  quitter la Maison Blanche après un succès diplomatique, lui qui avait relancé le processus de paix en mai 2009. Mais Paris et Washington ont trop de divergences (outre la mention « caractère juif » de l’Etat d’Israël qui fait polémique concernant la résolution du Conseil, à laquelle les Palestiniens s’opposent qui  coincent chez les diplomates américains) sur l’échiquier politique au Proche et Moyen Orient.  Le Président américain a pour ligne principale de replacer l’Iran dans  le jeu diplomatique, après l’accord passé sur le nucléaire. De son côté, la France s’allie à l’Egypte, l’Arabie Saoudite, le Qatar… Il est difficile dans ce clivage de demander à la Maison Blanche un quelconque soutien pour faire pression sur Israël. Enfin, la situation à Gaza et à Ramallah évolue avec une forte avancée de forces extérieures (jihadistes) que l’Autorité palestinienne ne maîtrise pas… L’expertise israélienne est plutôt écoutée dans ce contexte. Sur le terrain, la situation est donc bien différente de la diplomatie affichée dans les instances habituelles : Conseil des droit de l’H de l’ONU, UNESCO… où s’affrontent l’Etat hébreu et l’Autorité palestinienne.

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Le Mur de séparation à Jérusalem

Pour le Ministre français des Affaires étrangères, il s’agit d’aider les parties à « trouver des solutions ». Les relations au beau fixe entre Paris et Riyad laissaient espérer des avancées suite à cette initiative française qui voulait s’affranchir du rituel affrontement israélo-palestinien évoluant sous l’aile de Washington. Paris souhaite élargir la table des négociations et y inviter la Ligue arabe, l’Europe et les membres permanents du Conseil de Sécurité. Cette option pouvait paraître acceptable dans la mesure où la position française sur le nucléaire iranien est appréciée côté Netanyahou. Mais ce dernier, fermé à toute discussion, s’est déclaré hostile à toute proposition internationale où « en matière de sécurité il n’est fait aucune référence au besoin d’Israël ».

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