La véritable histoire du 8 Mai 1945

Le 8 Mai 1945 laisse un goût amer en Europe Centrale où la date commémore certes la libération du joug nazi, mais dans le même temps l’asservissement au totalitarisme stalinien. Ces célébrations pour les 70 ans de la fin de la 2ème Guerre Mondiale se déroulent sur fond de guerre froide. Ainsi, l’anniversaire a lieu pour la première fois en Ukraine le  8 Mai comme à l’Ouest et non le 9 Mai comme à Moscou. C’est là tout un symbole. La guerre entre l’Ukraine et la Russie n’est qu’une suite des tensions en Europe. Il suffit de constater l’amertume des Polonais, Baltes, Roumains, Hongrois et anciens ressortissants de l’ex Tchécoslovaquie.

La véritable histoire du 8 Mai 1945 éclaire sur la façon dont le conflit entrera dans l’Histoire, à travers une date dont Staline avait compris qu’elle devait symboliser celle des Soviets. Conscient de l’importance des symboles, il avait voulu prendre le bunker d’Hitler le 1er mai, exerçant une forte pression sur l’Armée Rouge pour qu’elle s’empare du bunker d’Hitler ce jour-là, jour de l’Internationale. Les soldats soviétiques réussirent à prendre l’essentiel de Berlin avant cette date et Hitler se suicida le 30 avril. L’autre date importante devait être la capitulation de l’Allemagne qu’il voulait sans condition et à Berlin. Mais les jours suivants, les événements lui échappèrent.

Le 7 Mai 1945 : Jodl signe la reddition allemande

Après le suicide du Führer, le nouveau gouvernement allemand dirigé par l’Amiral Dönitz expédia Jodl à la tête d’une une délégation à Reims, où le général américain Eisenhower avait établi son quartier général. Dönitz ainsi escomptait obtenir un répit pour contenir les soviétiques sur le front de l’Est. Mais Eisenhower exigea une capitulation immédiate et sans conditions. Vers 3 heures du matin le 7 mai 1945 (à 2 heures 41 heure officielle), les Allemands représentés par le maréchal Jodl signèrent donc leur reddition, avec l’objectif que les combats cessent le 8 mai. jodl2 Alfred Jodl  et la délégation envoyée par Dönitz signant la reddition des Allemands le 7 mai 1945 à Reims Jodl Jodl signant la reddition des Allemands, le 7 mai 1945 à Reims

La colère de Staline

En apprenant la nouvelle, Staline entra dans une colère noire. Il avait décidé que tout devait se passer sur les lieux de la défaite allemande. Il obtint des Alliés qu’une nouvelle signature ait lieu le 8 Mai à Berlin avec les Russes, Américains et Anglais. Les Français furent représentés in extremis par De Lattre de Tassigny, une présence qui suscita un commentaire du Maréchal Wilhem Keitel peu amène à l’égard des Français : : «Quoi? Les Français aussi!» capitulation Capitulation signée par le Maréchal Keitel le 8 Mai 1945 à Berlin

Acte de capitulation : 8 et 9 Mai 1945

Très précisément, l’heure de la signature du document officiel « fera date » si j’ose dire et ce à double sens. En effet, la capitulation a été paraphée à 23 heure 01 à Berlin, soit 1 heure 01 à  Moscou.Pour cette raison, la capitulation allemande est célébrée le 9 Mai en Russie.

Il convient de rappeler l’attitude de Dönitz les derniers jours avant cette capitulation. L’homme vient d’une famille de marins. En 1943, il remplace Raeder comme Oberbefehlshaber der Kriegsmarine, commandant en chef de la Kriegsmarine, et, à la tête de l’Oberkommando der Marine. Il gardera la réputation d’un officier supérieur sensible aux conditions de vie de ses soldats, tout en transformant la marine allemande en bastion nazi. Conscient de ce qui allait advenir des jeunes Allemands sous uniforme après la capitulation, il employa la marine à évacuer le maximum de réfugiés allemands fuyant l’avancée de l’Armée Rouge. Il l fit en sorte que le maximum de soldats soient ramenés vers le front occidental, afin qu’ils tombent entre les mains des Anglo-Américains plutôt que des Soviétiques, une tactique qui ne laissa aux Soviétiques « que » le tiers du total des prisonniers allemands, alors que le front de l’Est mobilisait depuis 1941 la majorité des forces terrestres du Reich Ainsi, le flottement qu’il avait entretenu entre 4 et le 7 mai ont en réalité été motivés par sa volonté de négocier le passage derrière les lignes américaines du maximum d’unités et de soldats allemands. Malgré cela, de nombreux jeunes Allemands partirent mourir en Sibérie…

Quelques remarques sur Dönitz

Dönitz sauva ainsi les deux tiers des prisonniers militaires allemands, la plupart quasi des enfants de 17 à 20 ans, en les mettant autant que possible (entre le 4 mai et le 7 mai, ce furent là des jours décisifs) sous le contrôle des Alliés, se révélant impuissant face au sacrifice du dernier tiers parti mourir en Sibérie chez l’ennemi héréditaire  depuis le temps des Huns qui s’affrontaient aux Germains. Il convient malgré tout de rappeler que le marin fut aussi un officier sans concession pour les mutineries. Dans les dernières semaines avant la reddition le 7 mai 1945, Dönitz ordonna aux tribunaux militaires et aux commandos de la marine d’exécuter sommairement les jeunes soldats allemands qui osaient déserter un combat sans espoir, dans la lignée des pendaisons de civils défaillants pratiquées par les SS au cours des récentes batailles de rues de Vienne et Berlin.

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