Goethe et son Traité des couleurs (Farbenlehre), ou comment l’Europe a perdu l’art au profit de l’Amérique

C’est en visitant le musée de Sholomo Guggenheim que l’on peut comprendre pourquoi la vieille Europe -qui s’est entre-tuée au XXème siècle- a perdu ses peintres.  Vassily Kandinsky né à Moscou et ayant grandi Odessa, est l’un d’eux. Fortement inspiré par Goethe et son Traité des Couleurs, il peint le premier (1909/1910) une œuvre abstraite réalisée à partir d’une conviction profonde et avec un objectif précis : substituer à la figuration et à l’imitation de la « réalité » extérieure du monde matériel une création pure de nature spirituelle que l’artiste trouve en lui…

La compréhension de ce cheminement artistique conduisit Mr Guggenheim à acheter ses oeuvres et à soutenir l’artiste dans une démarche encore inexplorée. Tout le monde connaît ce lieu extraordinaire, face à Central Park, bâtiment conçu comme une hélice par l’architecte génial F. Lloyd Wright. L’idée de salles d’exposition s’estompe pour laisser place à un seul lieu ouvert. L’extraordinaire collection de Mr Guggenheim s’y trouve mise en valeur remarquablement.

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The Guggenheim Museum in New York 2015

Le MoMa

Les collectionneurs et les marchands américains, les musées aussi ont rivalisé d’enthousiasme et d’audace pour la peinture française dès les années 1880. Il fallait être un peu fou pour choisir la peinture du Douanier Rousseau qui n’avait jamais quitté Paris en bon employé des Douanes. Les couleurs et les images naïves des grands fauves imaginaires ont inspiré Gauguin et Picasso. Ici Le Rêve comme dans les nuits profondes :

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Evidemment c’est Van Gogh qui prend à la gorge. Il n’est pas d’émotion plus intense dans ce monde de la couleur qui chavire. Vincent n’avait plus de moyens pour peindre, alors son frère lui envoyait de l’argent et il pouvait à nouveau étaler les touches vibrantes sur la toile de lin.

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Les collectionneurs américains embarquaient les toiles qu’ils achetaient dans les ateliers des peintres. Les Demoiselles d’Avignon étaient restées dans l’atelier de Picasso à Montmartre assez longtemps, suffisamment pour que Braque les y découvrent (vers 1906, 1907 ?) pour ensuite emboîter le pas dans le mouvement cubiste.

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Il n’y avait pas de pays comme l’Amérique où l’aspiration à la peinture fût plus passionné et enthousiaste à partir de ces années là. Ensuite, l’histoire de la peinture occidentale s’est écrite dans ce pays et même si les artistes européens sont revenus mourir en Europe, tel Kandinsky, les collections sont restées là-bas.

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