Evreux : l’autre trésor* à découvrir est le Salon du Livre

Organisé sous la houlette du Rotary Club dans le hall du Conseil général, le Salon du Livre d’Evreux a rassemblé une cinquantaine d’auteurs ce dimanche 8 décembre. Parmi ces derniers, le Président du Conseil constitutionnel, au cabinet duquel a travaillé le nouveau maire d’Evreux Guy Lefrand (élu en mars 2014 après avoir ravi la ville à la gauche)  lorsque Jean-Louis Debré était encore Président de l’Assemblée nationale en 2001. Pour rappel, Guy Lefrand est devenu député lors de la précédente mandature lorsque Bruno Le Maire, dont il était suppléant, est devenu ministre du gouvernement Fillon en janvier 2009, et ce jusqu’en 2012. Médecin, titulaire d’un diplôme universitaire d’addictologie, il travaille m’a-t-il dit à la rénovation des quartiers et à la création de 300 emplois dans le cadre d’une dynamique économique relancée dans la ville.

Le gardien de la Constitution…

Gardien des institutions de la Vè République, dont son père Michel Debré rédigea la Constitution, Jean-Louis Debré m’a raconté sa visite vendredi à Mulhouse avec Haïm Korsia pour l’inauguration d’une stèle en hommage au Grand Rabbin Jacob Kaplan. Une visite symbolique selon le représentant du Conseil constitutionnel (au rôle renforcé dans nos institutions depuis les débuts de la Vè République), gardien de la Constitution, alors que l’étude récente de la Fondation pour l’Innovation Politique indique une hausse des préjugés antisémites, outre l’augmentation en Europe des agressions entre les années 1990 et les années 2000 (la dernière en date en France étant celle du jeune couple de Créteil lundi dernier). Dans une France républicaine, est-il concevable que de tels événements aient lieu ? Ces événements appellent à penser la notion de communauté nationale, ils sont essentiels pour comprendre l’urgence qu’il y a à agir.

« Quand on a aimé une fois, on aime toujours », Paul Claudel

Les lecteurs ont pu rencontrer ceux qui écrivent dans tous les registres et qui offrent leurs visions du monde. J’y ai retrouvé des amis,  des romanciers, des journalistes tel mon voisin journaliste au Canard Enchaîné, l’agrégé d’histoire Alain Dag’naud, etc…  Ainsi, j’ai apprécié ma consœur (autre voisine) à la signature, Lucile Gubler : son livre raconte l’âme russe à travers l’histoire de sa grand-mère, une Française qui a vécu dans la terreur stalinienne. Jeune pianiste de Montparnasse, elle avait suivi par amour un sculpteur soviétique et d’origine juive, Rabi qui, se sentant menacé par la montée de l’hitlérisme avait fui jusqu’en URSS. La voilà rendue avec Rabi dans la patrie de Dostoïevski, en 1937 au paroxysme des exactions staliniennes… Rabi quitte Anne-Marie, elle veut alors rentrer à Paris, ce sera « niet ». Elle devra rester là-bas, prisonnière d’un système totalitaire et d’un amour perdu. Elle y retrouvera le peintre Robert Pikelny qu’elle avait croisé auparavant à Montparnasse, elle s’y arrangera avec la vie et avec l’amour et tout ce qu’en dit Claudel pour pouvoir trouver du sens dans la tourmente rougeoyante d’un Staline triomphant. (« Parlez-moi d’amour » de Lucile Gubler, Paris, 2004, Anne Rideau éditions)

Evreux

Valérie Kay du Comité d’organisation, Salon du Livre d’Evreux, Thierry Fayolle directeur de Gibert Joseph Evreux

L’épopée des La Panouse

J’ai retrouvé Paul de La Panouse que tout le monde connaît pour avoir créé le parc animalier de Thoiry. La famille puise ses racines dans le Rouergue (au-dessus de Salles-la-Source où se niche Le Colombier qui fut détruit une première fois par Simon de Montfort), famille qui fut un temps enrôlée dans l’épopée cathare. Paul m’a présenté son épouse américaine Ann dite « Annabelle ». Leur histoire d’amour est romanesque. Michel Zévaco s’en serait inspiré si cela s’était passé bien avant et s’il n’avait choisi l’invention des Pardailhan (le 2è volume « L’épopée d’amour » était mon livre de chevet quand j’avais douze ans). Annabelle signait pour son livre sur la passion de sa vie : les jardins de l’Histoire. (« Jardins d’Histoire…  » Annabelle de La Panouse, éd. Monette Hayot). Elle était mannequin et en jeune américaine très libre, elle était habillée d’une mini jupe en skaï quand Paul l’a rencontrée à la fin des années 1960. La suite de l’histoire est racontée dans le très beau livre…

Ces échanges n’auraient pu avoir lieu sans les lecteurs, les bénévoles du Rotary, la Ville d’Evreux sans oublier le libraire Thierry Fayolle et Valérie Kay de nos plateaux de France Télévisions.

* en référence au trésor qui a défrayé la chronique en France et dont les découvreurs comparaissaient devant le Tribunal Correctionnel d’Evreux ce vendredi 5 décembre

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