La Mémoire, fondement du temps

La Mémoire, comme fondement du temps, permet à l’être de s’enraciner dans le présent. L’accès à la temporalité, à l’appréhension du temps, sauve de l’action répétitive. Le danger est que le présent devienne un présent qui oublie, qui refoule, l’oubli favorisant  la répétition et anéantissant toute référence, mais aussi toute création, laquelle ne se peut que dans un continuum spatio-temporel. Sans fondement -ni fondation-, se met en place un processus de « déterritorialisation », reflet de la détérioration de la temporalité, où la présence de celle ou celui qui compte (dans le temps et dans la mémoire) devient problématique si cette détérioration a cours…

Dans la remémoration, l’être se hisse au-dessus de lui-même, au-delà des « expériences intra-mondaines » de ce monde, selon l’expression d’Arendt  (in Le concept d’Amour chez Augustin) : il est renvoyé vers l’origine ultime. Par la mémoire, l’homme est en rapport avec son être-même c’est-à-dire son origine. Je reprendrais volontiers si j’osais ceci d’Augustin, à savoir que la vie heureuse n’est atteignable qu’à partir du « retour » (redire en latin) à son origine*. Ce retour me semble proche du concept de techouv’ qui dans le judaïsme signifie « תשובה retour, repentance, réponse ». Ce retour s’inscrit dans la Mémoire (pour ce que cela dit de l’intime).

Augustin

*confundatur ut redeat, quae se iactabat ne rediret. Superbia ergo impediebat animae reditum… revocaturad se anima, quae ibat a se. superbia : orgueil

visagemp

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