Pessah en 2014, une fête pour l’identité heureuse

Ce soir, des millions de Juifs seront assis à table pour fêter Pessah. Chaque année, la communauté juive commémore la sortie d’Egypte des Hébreux, réduits en esclavage durant plus d’un siècle. C’est la fête de la libération. Les 2 premiers soirs de la fête, les familles juives lisent la Haggada au cours du sedder.

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Le rabbin Haïm Harboun et Marie pierre à Paris, mars 2014

Cette année, le Rav Harboun sera en Corse pour Pessah.

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Corse du Sud, Golfe de Porto-Vecchio, non loin de Sainte-Lucie-de Porto-Vecchio

J’avais écrit l’an dernier sur ce blog qu’était née à ce moment de l’histoire des Hébreux la notion de peuple. La notion de libération y est ritualisée. Les enfants qui assistent au repas transmettront à leur tour aux générations futures la tradition avec les nombreux rites qui s’y rattachent. Les paroles prononcées sont associées aux mets que l’on mange, car boire et manger les paroles de l’exode devient un discours de chair et d’os. Os ? Parce que le repas se soit d’être composé d’un os de poulet ou d’agneau (Zro’a) en souvenir du bras étendu avec lequel D. délivra les Juifs d’Egypte. Cet os symbolise le sacrifice de Pessah. Le sedder compte aussi un oeuf dur en signe de deuil marque la destruction du Temple. Le maror, les herbes amères, manifeste l’amertume de la vie difficile que les Egyptiens nous infligèrent…

Tout exode prend ainsi la forme d’obstacles à surmonter, Pessah signifiant « passer par-dessus », en référence aux Dix plaies d’Egypte, où Dieu tua tous les premiers-nés égyptiens et où il passa par-dessus les  maisons juives en les épargnant.

Cette obligation de s’entretenir de la sortie d’Egypte permet d’aborder la question essentielle de la liberté. La liberté est-elle quelque chose de fondamentalement immanent ? Ou bien relève-t-elle d’une transcendance ? La sortie d’Egypte symbolise le rapport d’un peuple à la liberté, comme élément identifiant et révélateur de la faculté d’agir. L’homme doit surmonter l’histoire avec une capacité de juger et de transformer le mal en force, voire en mérite. C’est ainsi qu’éthique et politique se rencontrent : dans la possibilité de réparer l’irréparable, lorsque l’homme trouve dans le présent de quoi transpercer le passé. Le temps perd alors son irréversibilité, par ce que le judaïsme nomme la « techouva ». Elle conduit à une notion mal comprise : le pardon.

 

 

 

 

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