Le ghetto de Varsovie et le nouvel ordre ethnique selon les nazis

J’ai passé la journée de dimanche dernier chez Régine Frydman. Son livre qui a été publié par la maison d’édition Tallandier paraît ces jours-ci en livre de poche. « J’avais 8 ans dans le ghetto de Varsovie » est avant tout le manuscrit de son père, Abram Apelkir. Régine y a ajouté ses souvenirs de petite fille.

Le manuscrit et le livre

Le manuscrit de Régine Frydman et son livre en poche, septembre 2013

C’est Sophie Porteil, amie et consoeur (ancienne journaliste de France 2), qui me l’a présentée. Régine est la mère de son mari, le réalisateur Serge Frydman. Elle a survécu dans le ghetto de Varsovie où elle fut enfermée à l’âge de 8 ans, ayant écrit dans cette « ère du témoin » – selon l’expression même de l’historienne Annette Wievorka pour désigner ces décennies après la guerre-  de belles pages sur son exil et « son »  histoire de la Shoah.

régine

La journaliste Sophie Porteil et Régine Frydman 

En septembre 1939, elle a sept ans à peine. Déjà une fillette vive et agile, qui comprend vite que « quelque chose de grave allait nous arriver »… Varsovie tremble sous les bombardements, Régine et sa famille trouvent refuge dans les sous-sols du théâtre Polski. où se trouve un abri bétonné. Toute la suite est racontée simplement dans son livre, l’appartement pillé et qu’il faut quitter en quelques heures, l’obligation d’aller dans le ghetto et là, le petit logement au 31 de la rue Muranowska. Le 31, un immeuble qui jouera un rôle particulier plus tard… pour passer du côté aryen.

La bru de Régine, Sophie Porteil, a longtemps travaillé à France 2. Nous avions été présentées par Loumia Amarsi Hiridjee( épouse de Mourad Amarsi, mort avec elle dans l’attentat de l’Hôtel Oberoï en Inde le 26 novembre 2008 et homme de confiance des services français), devenue une amie, chef d’entreprise créatrice de la marque Princesse Tam Tam. Voir Blog Post en 2009. 

Ce moment passé ensemble était magnifique, parce qu’il y a beaucoup d’amour entre les deux femmes. Elles se connaissent bien et vivent non loin l’une de l’autre. Très souvent, les cinq années de guerre font l’objet de longues conversations entre elles, les souvenirs qui hantent sont souvent moins difficiles à porter lorsqu’ils sont partagés.Et le passé semble moins amer avec ceux qu’on aime.

Ainsi, il est des images qui hantent encore Régine et qui autrefois avaient tant choqué la petite fille du ghetto. « Marie-Pierre, je vais vous dire ce que c’est, mais… je n’ai jamais pu le dire jusque là. C’est trop difficile. Je ne l’ai même pas écrit dans le livre… Je n’ai pas pu, vous comprenez ? »

Ghetto

Document portant les photos du ghetto de Varsovie, 1944

Le nouvel ordre ethnique des nazis

Les ghettos n’étaient qu’une étape dans l’organisation du futur Reich qu’Hitler voulait établir. Le territoire dans un espace vital (Lebensraum)qui s’étendait à l’Est jusqu’aux limites de l’Asie.  À long terme en effet, les nazis prévoient de repeupler la Pologne avec des Allemands.  L’opération Tannenberg a été imaginée avant l’invasion de la Pologne, fin 1938 ou début 1939. Ensuite, le Generalplan Ost (plan pour l’Est de l’Europe : Drang nach Osten, « poussée vers l’Est ») définira la politique ethnique menée par les Allemands en Pologne. Ce plan qui aurait été établi en 1941 et confirmé en 1942 vise à réaliser le « nouvel ordre ethnique » voulu par Hitler… un plan qui peut être reconstitué à partir de divers mémoires.

Le soulèvement du ghetto de Varsovie il y a 70 ans

En avril 1943, les Allemands commencent à déporter les Juifs qui sont encore dans le ghetto, provoquant son soulèvement. La révolte commence le 19 avril et dure jusqu’au 16 mai. C’est l’une des premières insurrections armées contre des Allemands en Pologne.  Les responsables du soulèvement du ghetto savaient que leur soulèvement serait vain, mais ils préférèrent mourir en combattant plutôt que d’attendre d’être déportés dans les camps de la mort.

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Une réflexion au sujet de « Le ghetto de Varsovie et le nouvel ordre ethnique selon les nazis »

  1. En lisant ce texte, je retourne sur la photo de votre blog. Je ne sais pas pourquoi mais je regarde la main de votre enfant qui se tend vers vous. Un instant de complicité capturé par l’objectif. Votre enfant et l’enfant du ghetto se rejoignent sur le blog. Je ne peux m’empécher de penser que la petite fille du ghetto, n’a pu goûter à ces moments de joie mais qu’elle plutôt dû faire taire toutes ses émotions, se faire toute petite, invisible pour survivre.

    Un regret.. j’aurais aimé en lire plus sur cette rencontre…

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