Syrie : intervention militaire ou solution diplomatique ?

De plus en plus de voix s’élèvent en France pour réclamer un vote du Parlement concernant l’intervention militaire en Syrie, telle celle du député PS Patrick Mennucci (Bouches-du-Rhône).  Il invoque le refus des britanniques de s’engager dans cette offensive, 285 élus britanniques ayant rejeté l’intervention contre 272 voix favorables. Le parlementaire souligne l’absence de soutien du Conseil de sécurité de l’ONU, dont les décisions sont suspendues au veto de la Russie, laquelle a déjà par trois fois depuis le commencement de la crise utilisé son veto pour bloquer tout texte sérieux condamnant son allié syrien. Si ces atermoiements rendent l’ONU encore moins crédible, en revanche, la décision des Etats Unis de s’accorder un temps de réflexion supplémentaire est un argument plus sérieux pour susciter le doute quant à une intervention militaire imminente de la France. La légitimité d’une telle intervention peut s’appuyer du point de vue du droit sur la responsabilité de protéger dans le cadre du fameux « droit d’ingérence  »  issu eu « R2P »-responsabilité de protéger. Certes, pour justifier une intervention, Washington a annoncé détenir des preuves irréfutables de l’utilisation d’armes chimiques par Damas, John Kerry dénonçant un « crime contre l’humanité, au moins 1429 Syriens et 426 enfants ayant été tués. Côté services français, une synthèse de 4 pages (établie par la DGSE et la DRM)  remise aux plus hautes autorités de l’Etat pourrait être rendue publique dans les prochains jours. Elle dresse le bilan des stocks opérationnels en Syrie avec selon le document du renseignement français plus de mille tonnes d’agents chimiques de guerre et de précurseurs (sarin, VX, ypérite), ceci violant les accords sur l’interdiction des armes chimiques.

L’intervention militaire peut-elle faire renverser Bachar al-Assad ?

Il est difficile de répondre. Mais le régime syrien est soutenu  par la Russie et l’Iran et la raison diplomatique pourrait ici infléchir le cours des événements.  Iouri Ouchakov, le conseiller diplomatique du Kremlin, fait entendre sa voix avant que les Etats Unis et la France ne s’affranchissent de l’ONU. Une solution politique peut-elle désamorcer la crise, en agissant auprès de Moscou et de Téhéran ?

Dans toute la région, les habitants se préparent à une éventuelle intervention occidentale. Même si ces dernières heures, le temps semble favoriser un retardement de l’offensive, les civils se préparent à « la frappe » éventuelle et engrangent des réserves alimentaires. En Israël, de nouvelles distributions de masques à gaz ont été organisées après les menaces proférées ces derniers jours par l’Iran et la Syrie, même si les autorités ont déclaré peu vraisemblable une attaque contre Israël.

Le Liban, premier pays d’accueil des « réfugiés » syriens

Les Syriens ont quitté leur pays en masse depuis 2011. Le premier pays d’accueil est le Liban où ils sont plus de 700 000 aujourd’hui selon le HCR (Haut Commissariat des Nations Unies), ils pourraient être un million d’ici la fin de l’année. Viennent ensuite la Jordanie (plus de 500 000), la turquie (450 000), puis l’Irak et l’Egypte en moindre proportion. Le Liban manifeste depuis quelques mois son inquiétude pour les populations qui sont dans une situation de plus en plus précaire. Les installations de fortune des Syriens n’ont ni eau potable ni sanitaires, elles sont faites de cadres de bois et de couvertures. Le Liban, qui n’est pas signataire de la Convention de Genève (1951) ne parle pas de « réfugiés » mais de « déplacés », et souligne qu’il n’est pas un pays d’accueil mais de « transit », ayant inscrit dans sa Constitution  le refus d’implantation de réfugiés, ceci étant lié à la question des réfugiés palestiniens.

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