Sauvage et pure, la Montagne Noire abrite en son flanc le monastère d’En Calcat

Je crois qu’il n’est pas de lieu plus sauvage et plus pur que cet endroit entre St. Pons de Thomieres et Dourgne au sud du Tarn, où j’allais enfant. La forêt y est si noire qu’on est là presque en Germanie. Pour s’y rendre, il faut passer, depuis la plaine, par Minerve qui brûle toujours.

C’est dans cette nature sauvage que s’est constituée cette doctrine dualiste : les cathares croyaient à  l’existence d’une racine du mal négative dans l’éternité ( « active et positive dans le domaine du Mélange et du temporel, » ainsi que l’écrit René Nelli in Philosophie du catharisme, éd Privat/PUF  67, page 43, René Nelli qui fut le professeur de mon père André Samitier au lycée de Carcassonne où ce dernier fit ses études) mais ils proclamaient aussi n’honorer qu’un seul Dieu Tout-Puissant, Jésus étant  » l’ ange fils de Dieu à leurs yeux », un Dieu contenant la plénitude de l’être.

Etre et néant

Pour les cathares, ce n’est pas Satan qui s’opposait à Dieu mais le néant. Appétit de néant, c’est-à-dire désir de supprimer la vie en soi-même, ou en autrui, plaisir du mensonge, haine de l’autre : le néant a beau n’être rien, il existe de par ceux qui le portent et ne serait rien sans eux. Le néant n’est pas le camp ou le bûcher de Minerve, on peut survivre au camp mais pas aux humains. Le néant est le rien, la haine du désir.

Catharisme et libre-arbitre

Est-ce l’influence de cette doctrine qui donna force d’âme à Paul Didier pour ne pas prêter serment à Pétain comme le firent tous les autres magistrats de France le 2 septembre 1941 ? Le catharisme était enseigné au lycée de Carcassonne, non seulement comme un moment particulier dans l’histoire de cet endroit si particulier, mais aussi comme une réflexion ontologique qui conduit à la liberté.

docu

Serment des magistrats à Pétain, 2 septembre 1941

Le catharisme marque encore les esprits autour de Minerve. Ma grand-mère paternelle est née et a grandi là, dans ce monde où les hommes apprennent à conquérir consciemment leur vraie liberté.

Troubadours du 3è type

Plus prosaïquement, il reste aujourd’hui des troubadours qui dans les dîners rappellent ce qui se chantait au XIIIè siècle de l’amour, un amour idéalisé, poétique. Celui-ci était adressé à des dames-amasiae…

imageExtrait d’une soirée à la sublimissime « Villa Limonade » près de Minerve cette dernière semaine du mois d’août.

L’heure bleue :

villa 2… en pays cathare. C’est sur cette terre qu’il est bon d’être là.

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