Le Prix Geneviève Moll récompense le courage de Charlotte Delbo

Geneviève était la journaliste de France 2 qui combattait pour permettre au plus grand nombre d’accéder à la culture dans cette grande fabrique de l’histoire qu’est le petit écran depuis 50 ans. Elle aurait aimé le livre qui a reçu son nom sous forme de prix littéraire, une biographie de Charlotte Delbo écrite par Violaine Gelly et Paul Gradvohl.

DSCN0314

Paul Gradvohl, Paul de La Panouse (mécène et ami de Geneviève), Violaine Gelly, Gonzague Saint-Bris et Geneviève Chauvel

Charlotte Delbo, femme de lettres (Aucun de nous ne reviendra, écrit en 1946) avait été déportée à Auschwitz dans le seul train qui avait emmené là-bas des femmes politiques.

Par le plus grand des hasards, Violaine et Paul étaient assis à côté de Gérard Haddad pour les dédicaces. Violaine avait lu « Lumière des astres éteints », que Gérard préparait il y a 2 ans. C’est l’époque à laquelle je lui avais téléphoné pour l’interviewer sur « L’alcoolisme au féminin », livre qu’il avait publié sur le cas de quatre femmes en prise avec l’alcool. Il m’avait fait lire le manuscrit de « Lumières… » et j’avais été emballée. Ce n’est qu’après quelques mois qu’il avait été publié.

La psychanalyse, une histoire juive

C’est également à ce moment-là que je décidai de préparer « Promis, demain j’arrête ! » afin de penser l’addiction autrement. Haddad est celui qui en France a ouvert un axe nouveau de réflexion sur la psychanalyse. Il a pris des risques. Ecrire, c’est prendre des risques. Ecrire, c’est être prophète. Avec  » L’enfant illégitime », il n’a pas seulement revendiqué la psychanalyse comme judaïsme sécularisé, il a souligné la culpabilité qui peut sourdre de cette conscience-là. Le colloque de Montpellier qui a donné lieu à la publication « La psychanalyse est-elle une histoire juive ?  » a été le théâtre d’un certain nombre de disputes entre les partisans et les adversaires de cette réflexion. Emmanuel Levinas était venu à ce colloque, arrivé le dimanche matin (puisque faisant shabbat la veille) au moment où Haddad tenait sa conférence sur la psychanalyse comme histoire juive. C’était l’année où Haddad a publié « L’enfant illégitime ». Au cours de ladite conférence, Melman s’était opposé à Lucien Israël (qui avait dirigé au CHU de Strasbourg le service de psychiatrie) , lequel avait soutenu Haddad sur cette voie dès le début. En effet, Lucien Israël s’était fendu auparavant d’un long article sur Haddad et son développement sur la psychanalyse comme histoire juive dans le journal « Tribune juive » peu avant le colloque de Montpellier en mai 1980.

DSCN0343Gérard Haddad, Marie-Pierre Samitier et une lectrice

Ce colloque de Montpellier donna lieu à la publication de « La psychanalyse est-elle une histoire juive, éd du Seuil), par l’universitaire Jean-Jacques Rassial. « Hélas, c’est mon texte qui a été enlevé », s’est lamenté Gérard, auteur de « L’enfant illégitime »…

DSCN0340

DSCN0348

Gérard Haddad, Didier Long et Marie-Pierre Samitier

L’humour de Paul Gradvohl déclenche le fou-rire des auteurs. Moments partagés grâce à Valérie Kay, longtemps sur les plateaux de France 2 et organisatrice de ces rencontres littéraires à Verneuil-sur-Avre où près d’un millier de personnes ont éprouvé la joie de se retrouver…

DSCN0356

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s