Croix gammée : l’affiche allemande politiquement correcte

L’affiche française de Hanna Arendt ne comportait pas de cigarette…Loi Evin oblige. En revanche, elle était conforme au vœu de la réalisatrice avec une croix gammée dans le dos de l’intellectuelle juive allemande condamnée à l’exil aux Etats Unis pendant la guerre. En revanche, en Allemagne, la cigarette est à l’affiche, mais point de référence au nazisme puisque…

Affiche du film Hannah Arendt

Celle de la production allemande a tout simplement gommé la croix gammée

question : warum ?

Affiche allemande de Hanna Arendt

La croix gammée représente le combat. Le drapeau rouge et blanc, avant d’être le drapeau national allemand en 1935 lors du Congrès de Nuremberg, avait été celui du NSDAP. Le svastika, signe religieux du néolithique est composé de 4 potences prenant la forme d’un gamma. Le cercle blanc symbolise la pureté et la couleur rouge la pensée sociale…

En écrivant la biographie de Rahel Varnhagen, figure centrale des salons de l’époque du romantisme allemand,  elle prend conscience de ce qu’elle est en tant que juive, et au-delà ce qu’est le phénomène de l’assimilation, qui ne dilue pas l’identité mais qui construit une autre identité. Aux États-Unis, sa pensée philosophique va explorer l’antisémitisme et le totalitarisme.

Elle trouvera un travail de conférencière, et commencera à écrire dès 1944. Son grand ouvrage théorique, Les Origines du totalitarisme, publié en 1951, pose trois questions : « Que s’est-il passé ? Pourquoi cela s’est-il passé ? Comment cela a-t-il été possible ? » Le caractère nouveau du totalitarisme, régime irréductible aux formes traditionnelles d’oppression, se manifeste à travers l’antisémitisme, qui justifie des crimes impardonnables, révélant un « mal absolu ». Cet antisémitisme incarne la haine de la Révélation ( Dieu qui nous en demande trop, figure que Heidegger veut gommer pour en revenir aux présocratiques) mais aussi haine de la différence.

Crise des valeurs anciennes, idéologie et règne de la terreur destinés à détruire l’essence de l’homme sont les caractères saillants de l’État totalitaire, dont elle a forgé le concept à la fois pour le nazisme et le stalinisme. Le résultat en est la production d’un homme nouveau, anonyme et sans âme, prêt à tout. Contrairement à la méthode de Raymond Aron, fondée sur une analyse causale, elle déroule une pensée destinée à construire un objet inédit, un effort suprême de compréhension du monde réel et incompréhensible : « Un appareil de domination qui exerce le monopole de l’activité politique, maîtrise la sphère économique et finit par contrôler la société civile au point de la détruire »

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