Au nom de la race… la science au service du régime nazi

Pour prouver l’existence des races, les nazis ont mené des expérimentations. Toutefois, celle envisagée par le scientifique August Hirt, professeur à la réputation internationale, à l’Institut d’Anatomie Normale de la Faculté de Médecine de Strasbourg n’a pas abouti. La Reichsuniversität Strasburg, inaugurée le 23 novembre 1941 en présence du ministre des sciences du IIIè Reich a ainsi été un lieu hautement symbolique…

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Inauguration de la Reichsuniversität Strasburg 

En effet, la recherche d’August Hirt devait conduire à prouver scientifiquement l’existence de la race juive. Le documentaire diffusé sur France 3 dimanche soir, « Au nom de la race et de la science », a permis au grand public de découvrir ce projet méconnu du régime nazi : la volonté de conserver une collection de squelettes, un ensemble de « spécimen » juifs au service de la science après l’extermination de la race. Les archives filmées à l’époque de l’arrivée des Alliés nous font descendre au sous-sol de l’Institut d’Anatomie où ils ont trouvé 86 cadavres mutilés plongés dans le formol. Ces corps sont ceux de Juifs acheminés d’Auschwitz jusqu’au camp de Struthof où ils ont été gazés dans d’horribles conditions avant d’être rapatriés à Strasbourg.

L’existence d’ « ennemis en soi », d’ennemis par nature : 

Pour les nazis, l’ennemi substantiel, le Juif, doit faire l’objet d’une épuration dans l’Etat total où chaque individu a sa place et ne trouve de valeur qu’en tant que membre utile au service de la nation. Dans cette organisation totalitaire, la notion de race ne peut rester un concept abstrait. Pour les nazis, elle doit s’appuyer sur une démonstration scientifique, objective (Il faut rappeler ici les Lois de Nuremberg en 1935 visant « la protection du sang et l’honneur allemands »-texte du 15 septembre 1935). Le droit d’être membre du peuple allemand sera déterminé par la pureté du « sang », pureté qui distingue l’Aryen de l’ennemi par essence : le Juif. Dans ce contexte, les scientifiques autour de Hirt qui ont pour mission de prouver l’existence de la race juive sont placés sous la responsabilité de Himmler en personne. Les recherches envisagées sur les cadavres étaient donc de la première importance dans l’Etat total, le régime nazi sollicitant la science comme il a utilisé le droit pour spolier les juifs. Science qui ne pouvait être conçue que comme l’ « incarnation » d’une entreprise de « purification ».

Strasbourg, « espace vital » pour le IIIè Reich

Enfin, le choix de Strasbourg comme lieu de recherche d’existence de groupes raciaux est emblématique. La notion d’   « espace de vie » est fondamentale dans la doctrine nazie : cet espace est indispensable pour développer la race aryenne.  La « plaine » d’Alsace était considérée comme la continuité du territoire allemand par les nazis. Cette dimension géographique devait servir de socle à la race supérieure qui devait fortifier et exercer un contrôle hégémonique …

Parmi les personnes travaillant sur la question des victimes à Strasbourg, il faut souligner le travail  du Dr. Georges Federmann, psychiatre, fondateur du cercle Menachem Taffel pour la mémoire des victimes torturées à Strasbourg entre 1940 et 1943.

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