Journées littéraires de Saumur 2013 : philosophie et spiritualité avec Didier Long, Yvan Levaï, Malek Chebel

Dieu est partout. La querelle, entre croyants et mécréants, a embrasé la salle de conférence ce dimanche 14 avril 2013. Près de cent cinquante personnes ont assisté à une passe d’armes : Thérèse d’Avila dans la bouche de Didier Long, un rapport au plaisir de la transgression de l’interdit dans celle de Malek Chebel, la réflexion du philosophe Robert Misrahi ((éclaireur de Spinoza) et le show parfaitement mis au point d’Yvan Levaï clamant qu’il faut jouir à tout prix et tout de suite, sans Dieu et sans limite. C’est amusant d’ailleurs d’entendre Yvan -homme magnifique et attachant- parler ainsi ! J’ai travaillé à France Inter avec lui et je ne connais pas d’homme plus exigeant ni plus ascétique que lui, qui inlassablement se lève à l’aube tous les matins.

Yvan Levaï, Malek Chebel et Didier Long

Yvan Levaï, Malek Chebel, Didier Long et à droite Robert Misrahi

Yvan Levaï et les sex toys

« Croyez-moi, moi qui suis né un peu avant la guerre et qui ai tant vécu, il faut prendre du plaisir et jouir sans cesse, je dis aux jeunes de le faire sans trêve, je me suis d’ailleurs informé sur les objets sexuels qui existent… », faisant allusion aux sex toys et à la liberté sexuelle si chère au soixantehuitardisme dont il est issu. Ajoutant que Christine Boutin devrait éviter de se laisser aller à des débordements dépassés, ce qui a provoqué l’hilarité générale. Certes, nous étions bien loin de la réflexion sur la jouissance en Dieu ou sans Dieu.

La jouissance : Hannah Arendt et Lévinas

Dans sa thèse universitaire consacrée à Augustin (Le concept d’amour chez Augustin), Hannah Arendt explique ce qu’est la jouissance dans l’accomplissement (beatitudo) : « Jouir, c’est être auprès de l’objet désiré, sûr et sans inquiétude… et dans le tranquille être-auprès-de, l’amour cesse, trouve son accomplissement. » Cette pensée augustinienne conduit à une acceptation du monde comme il est, à une jouissance sereine qui consiste à « être » auprès du bien que l’on désire. Tout amour est tension vers cette jouissance. « Jouir consiste à s’attacher à l’amour d’une chose pour cette chose même », écrit Augustin. Ce à quoi Arendt ajoute  que la vie humaine est une tension « pour-l’amour-de », l’amour ne visant que cette fin. Cette coïncidence de la présence de l’être-pour-l’amour-de  est façonnée par l’idée même de l’Autre en tant que sujet attendu pour l’Eternité. Il porte la trace de Dieu et en cela la philosophie du visage d’Emmanuel Lévinas ouvrira une fenêtre dans le mur construit en forme d’impasse de Martin Heidegger.

Revenir à la vie heureuse

Cet Autre porte l’amour. L’amour provient de la mémoire, d’un passé heureux et vrai, qui fait que le temps qui précède où l’amour existait est enveloppé d’une autre lumière dans un monde intemporel. Avec la réintroduction de ce passé dans le présent, la dimension du temps devient insaisissable. Ce passé réapparaît dans le présent et lorsqu’on revoit l’autre, cette jouissance revient et devient  par là-même un avenir possible.

m et d saumur 1Marie-Pierre Samitier et Didier Long

Luana BelmondoPatrice Monmousseau, Luana Belmondo, Didier Long et Marie-Pierre Samitier

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