Pessah : naissance de l’idée de peuple chez Moïse

Dans la politique moderne, lorsque la référence théologique n’est plus fondatrice, on ne peut plus séparer l’autorité religieuse de l’autorité séculière. C’est la figure du Léviathan chez Hobbes : le glaive et le sceptre religieux contenus dans une  même unité, les individus passant entre eux « des conventions mutuelles »…

mp portrait

                                                                                                                                        Marie-Pierre Samitier, 31 mars 2013

Mais quand un peuple prend-il corps ? Quand un peuple acquiert-il son IDENTITÉ ? Quelles sont les conditions pour accepter qu’une loi soit la nôtre  ? Avant que la Grèce antique ne conçoive l’être politique, l’épopée de Pessah me semble avoir tracé dans la mémoire un premier acte politique d’une grande modernité, puisque posant déjà la question de la division entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel ( ce Dieu qui nous demande trop… ).

mp d'en bas

         Marie-Pierre Samitier

Pessah (26 mars au 1er avril en 2013) signifie « passage » et commémore la libération de l’esclavage des Hébreux par une intervention miraculeuse de Dieu. Surtout, Pessah signe la naissance de la notion de peuple pour la première fois dans l’histoire de l’humanité à travers un acte fondateur : le refus de la servitude. En refusant la servitude et en fuyant l’Egypte (voire les Romains), les Juifs sont devenus un peuple qui a pris conscience de son identité. Il me semble que Hegel exprime cela lorsqu’il écrit que l’histoire se construit avec la prise de conscience de la liberté.

Pâques chez les Chrétiens : la résurrection

Bestiaire du clocher de Notre-Dame, visite le vendredi 22 mars, zone fermée au public...

Bestiaire du clocher de Notre-Dame, visite le vendredi 22 mars, zone fermée au public…

20 siècles plus tard, en l’an 33 le jour-même, le rabbin Jésus (Yéchoua) était mis à mort sur une croix à Jérusalem, pendant qu’au Temple était mis à mort l’agneau pascal du souvenir pour chaque famille juive qui allait célébrer le séder, repas de la Pâque (Pessah). Les Chrétiens célèbrent pour Pâques la résurrection de Jésus qui « monta au ciel », résurrection dont les historiens de la période précisent qu’elle est un concept déjà présent au Vè siècle avant notre Ère chez les Juifs.

Pessah : la fin de la servitude

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Pour Pessah il faut manger le pain azyme, matsa ou pain de misère, en » s’accoudant à la table des rois » : seuls les hommes libres mangeaient ainsi, et ce rituel signe une attitude d’homme libre ; nous posons alors notre coude gauche sur la table au long de ce repas. Il est interdit d’avaler toute nourriture contenant de la levure ou « hametz« , ainsi, que le peuple juif le fit en s’enfuyant avec des galettes non-levées, et il convient de raconter la sortie d’Egypte pendant le séder. On goûte l’amertume de l’esclavage avec les herbes amères et la douceur de la liberté avec le sucre. Cela symbolise le paradoxe que la vraie liberté ne se gagne qu’avec courage et dans le combat. Cette histoire s’inscrit dans l’oeuvre talmudique qui participe de l’identité, qui permet de se vivre comme peuple, au-delà de la société… afin que notre existence politique  ne se réduise à la simple citoyenneté et à l’obéissance à la loi.

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