Prix Geneviève MOLL

Ce dimanche 20 mai 2012 a rassemblé écrivains et journalistes à Verneuil-sur-Avre où Geneviève, rédactrice en chef à France 2, avait créé un festival littéraire il y a 3 ans. Geneviève Moll a disparu le 27 décembre dernier, laissant cet événement en héritage. Parmi les auteurs présents, Régine Desforges, Gonzague Saint-Bris, Macha Méril, ou encore Gilles Leroy, le Goncourt 2007 pour son roman Alabama Song et qui publie un nouveau roman au Mercure de France. Les tables rondes ont permis au public de découvrir des livres émouvants comme celui de mon confrère Bernard Lebrun (rédaction de France 2), lequel porte un nouveau regard sur Robert Capa, émigré juif hongrois arrivé à Paris à l’âge de 20 ans avec une valise en carton, et dont l’histoire retiendra les extraordinaires photos reportages de la Guerre Civile espagnole… Le livre a été récompensé par le jury.

Bernard Lebrun, Macha Meryl et Paul de la Panouse


Et en avant-première le « Sagan et fils » de Denis Whestoff, que le fils de Françoise Sagan publie chez Stock (éditeur Jean-Marc Roberts) à la fin du mois de mai. Denis Whestoff y livre avec pudeur Sagan intime, tendre et retenue, qui au retour de ses folles soirées redevenait « maman » en passant la porte de la maison. Il relate la dette d’un million d’euros qu’elle laissa avant de mourir. Il accepta l’héritage de cette mère extraordinaire qui brûla la vie comme un buisson ardent, engloutie dans l’univers impitoyable de l’affaire Elf, fascinée par Dédé la Sardine(André Guelfi) et Roland Dumas ; il raconte Sagan fragile et en sueur devant sa machine à écrire, qui à la mort de François Mitterrand trouva en face d’elle le fisc et les trahisons. Une vie plus dense qu’un roman, et dont Denis Whestoff nous a si bien parlé à Verneuil.

Denis Whestoff, Marie-Pierre Samitier, Roland Madura

Roland Madura était là également, pour témoigner de sa vie d’otage à Jolo, avec Maryse Burgot et Jean-Jacques Le Garrec, JRI (journaliste reporter d’images) à France 2, détaillant avec précision et sobriété les étapes de leur détention et l’évasion rocambolesque qu’il a vécue avec Jean-Jacques, alors que Maryse avait été libérée auparavant. Le livre qu’il a publié en raconte tous les détails…

Parmi les femmes de lettres et journalistes venues rendre hommage à Geneviève Moll, l’historienne et romancière Emmanuelle de Boysson ou encore José Blanc-Lapierre, de la rédaction de France 2 au service Société-Culture avec moi.  Avec Emmanuelle de Boysson, Geneviève avait créé le prix littéraire de la Closerie des Lilas il y a 5 ans qui venait ainsi « challenger » le prix Fémina !

Mécènes

Gonzague Saint-Bris a reçu le premier prix Geneviève Moll pour sa biographie « Rosa Bonheur », un prix offert grâce aux mécènes de cette journée. Parmi ces derniers, France Télévisions, mais aussi le comte Paul de La Panouse, que Geneviève affectionnait, et qui créa, avec l’aide de son père la réserve animalière de Thoiry. Le père de Paul était un ami du mien, André Samitier. Ils s’étaient connus au Conseil général des Yvelines dont A. Samitier fut longtemps Vice-Président.


J’ai présenté Paul de La Panouse à mon mari Didier Long :
« Voici Didier Long, théologien et historien du judéo-christianisme et qui fut moine à l’abbaye de la Pierre-Qui-Vire.
-Ah ? Mais mon grand-oncle fut aussi moine bénédictin à la Pierre-Qui-Vire ! s’est exclamé Paul de La Panouse.
-Et quel était son nom ? a demandé Didier
-Melchior de Vogüe. Ma mère était une de Vogüe… »
Didier a saisi ses lunettes cerclées d’or du bout des doigts et s’est écrié :
-Hé bien, je porte ses lunettes, aussi étrange que cela puisse paraître ! »
Car lorsque les vieux moines meurent au monastère, il arrive qu’on donne aux jeunes qui arrivent les lunettes des défunts… Et Didier portait en effet les lunettes de son grand-oncle !
Melchior, marquis de Vogüe avait été banquier (administrateur du Crédit Lyonnais) puis était entré tardivement à la Pierre-Qui-Vire pendant que sa femme prenait le chemin du couvent. Celle-ci est la seule femme enterrée dans le petit cimetière de l’abbaye bénédictine, elle repose sur le cercueil de son mari. Ce qui avait fait dire au frère Pierre,spécialiste des plaisanteries de mauvais goût, elle dessus et lui dessous, que cela « mettrait un peu de variété dans le couple »…

Tous trois réunis à Verneuil-surAvre, nous fûmes très surpris pendant quelques instants de cette coïncidence. Nous devons cet incroyable fait du hasard à Geneviève Moll dont nous gardons le souvenir.

Denis Whestoff, Marie-Pierre Samitier

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